13 Nov 2015

B. V. D. : MIEUX CONNAITRE LA MALADIE POUR LUTTER EFFICACEMENT !!!

La BVD (Diarrhée Virale bovine) est une maladie virale très contagieuse affectant les bovins. Elle est très répandue sur le département des Pyrénées Atlantiques, et aussi sur le territoire national. La présence du virus dans un cheptel est souvent synonyme de pertes économiques importantes. Étant inoffensive pour l’homme, cette maladie ne fait pas l’objet de prophylaxie ni de déclaration obligatoire. C’est donc aux éleveurs d’organiser la lutte.

COMMENT SE TRANSMET LA MALADIE ?

La contamination se fait essentiellement par voie aérienne, parfois sur des distances relativement longues   entre bovins porteurs du virus et bovins indemnes.

Les modes de contamination les plus fréquents sont :

  • Le voisinage.
  • Les achats : attention à l’achat de petits veaux et de vaches gestantes.
  • La transhumance

Les ovins peuvent également être une source de transmission de la maladie. En effet, ils peuvent être atteints par un virus de la même famille que celui de la BVD, ayant quasiment les mêmes conséquences pour les cheptels atteints (la maladie s’appelle alors la Border Disease). Des contaminations croisées inter espèces (bovins / ovins) sont possibles.

Les intervenants en élevage jouent aussi un rôle dans la transmission de la maladie. En effet, le transport du virus d’une exploitation à l’autre par les bottes ou les vêtements est possible, d’où l’importance de la mise en place de dispositifs de biosécurité (pédiluve, surbottes,..).

Dans tous les cas, un dépistage préventif du troupeau permet de limiter sensiblement le risque de pertes sur l’élevage.

QUELS SONT LES SYMPTÔME D’ALERTES ?

En fonction des stades de gestation du cheptel, de la présence ou pas de veaux, et de l’état général du troupeau, les conséquences d’une atteinte par la BVD sont extrêmement variables d’un cheptel à un autre, allant du passage viral totalement inaperçu à celui provoquant de nombreuses pertes de productions (mortinatalités, avortements, diarrhées néonatales) et entrainant des situations très difficiles économiquement.

BVD_Symptomes_Alertes

1 – Conséquences du passage viral sur les animaux déjà nés (adultes ou veaux)

Les bovins infectés s’immunisent et deviennent séropositifs, ce qui leur confère une protection longue et efficace. En phase de contamination, l’animal excrète du virus et est contaminant: on parle alors d’ «infecté transitoire». Cette phase dure en général 3 semaines.

Le passage viral sera surtout perceptible sur les lots de jeunes veaux déjà nés ou à naître. Il induit une baisse générale de l’immunité des lots de veaux. Ils sont alors plus sujets à développer des pathologies « d’élevages » :

  • diarrhées néonatales
  • pathologies respiratoires

et sont en sus, plus difficiles à soigner.

S’ils ne meurent pas, les veaux touchés peuvent par la suite rencontrer des problèmes de développement (retard de croissance, veaux qui ne « profitent pas »). Ces symptômes ne sont évocateurs que par leur gravité inhabituelle, qui amène alors à suspecter la BVD.

2 -Conséquences du passage viral sur les gestations

Sur les vaches pleines, selon le stade de gestation auquel l’animal se contamine, les conséquences seront variables. En début de gestation, on observera d’importants problèmes de retours en chaleur, tandis qu’au-delà, l’exploitation pourra subir des avortements, des veaux morts nés ou malformés.

Schéma de contamination par le virus BVD d’une vache gestante et symptômes :

BVD_Schema_Contamination

LES VEAUX IPI QU’EST-CE-QUE C’EST ?

Il s’agit de fœtus contaminé entre le premier et le cinquième mois de gestation. A ce stade, il n’a pas encore développé son propre système immunitaire et il s’approprie le virus comme faisant partie de l’organisme. Il naîtra vivant porteur et excréteur massif du virus à vie, sans aucun anticorps pour lutter. On parle de « bombe à virus ».

La présence de veaux IPI (Infectés Permanents Immunotolérants) dans un élevage peut retarder considérablement l’assainissement. .

Une fois dépistés par prise de sang (PCR ou virémie), ces bovins doivent être éliminés au plus vite et une stratégie de lutte doit être envisagée à l’échelle du troupeau (en concertation avec le vétérinaire et le GDS). La viande restant consommable, il est possible de les vendre pour la boucherie. Un bovin IPI est parfois reconnaissable par son aspect : veaux chétifs, avec d’importants problèmes de croissance et/ou un vilain poil. Mais ils peuvent tout à fait présenter un aspect, une croissance et une conformation tout à fait normale. Il convient donc être vigilant et ne pas se fier à ce seul aspect physique.

Dans tous les cas, l’éleveur doit être réactif à l’échelle de son troupeau, par une observation régulière de ses résultats techniques (fertilité, élevage des veaux,…). En cas de doute, il convient de réaliser des analyses afin de déterminer si le virus circule sur le troupeau.

 COMMENT DIAGNOSTIQUER LA MALADIE ?

Le diagnostic de BVD sur un cheptel repose sur 4 critères :

  • Mise en évidence d’un animal IPI (vivant ou mort) par le biais d’une PCR (sur rate du veau mort, ou sur veau vivant),

Ou

  • Sondage sérologique sur bovins dit « sentinelles » (lot des 10 plus jeunes animaux de plus de 6 mois en contact avec le cheptel) avec une proportion majoritaire de bovins séropositifs. Le sondage sur sentinelles est souvent préconisé pour objectiver la circulation du virus au sein d’un élevage. La tranche d’âge 6-24 mois est conseillée à partir du moment où les bovins sont en contact avec le reste du cheptel. Avant l’âge de 6 mois, les veaux peuvent encore être séropositifs grâce aux anticorps maternels (si la mère est séropositive) il n’est donc pas conseillé de les tester, cela pourrait fausser le résultat. En revanche si des génisses de plus de 6 mois sont séropositives, cela signifie qu’elles ont été en contact avec le virus. et prouvent une circulation récente de la maladie.

Ou

  • Mise en évidence d’une séroconversion (un ou plusieurs bovins séronégatifs qui deviennent séropositifs),

Ou

  • Résultat positif sur PCR de lait de tank (pour les élevages laitiers).

Dans tous les cas, en cas de mortalités anormales de veaux, d’avortements, de problèmes de morbidité ou de fécondité, il est indispensable de contacter le vétérinaire traitant afin qu’il vienne faire des recherches (prélèvements d’organes, prises de sang, …).

COMMENT LIMITER LES RISQUES DE CONTAMINATION ?

Pour éviter l’infection de son troupeau il est nécessaire:

  • de contrôler tous les achats en PCR et de mettre en place une quarantaine lorsque les bovins entrent sur le cheptel acheteur avant contrôle: quel que soit l’âge de l’animal et son produit à la naissance.
  • De contrôler en sérologie BVD toutes les vaches introduites pleines. De vérifier à la naissance du veau, qu’il ne s’agit pas d’un IPI, si la mère a été contrôlée séropositive.
  • d’éviter les contacts avec les troupeaux voisins (double clôture, chemin, haie, sont efficaces).
  • de nettoyer soigneusement le matériel utilisé en commun, que ce soit entre élevages ou entre ateliers.
  • Plusieurs vaccins sont disponibles pour se prémunir de la maladie. se rapprocher de son vétérinaire Le vaccin peut être notamment recommandé si le cheptel transhume et ne connait pas le statut de ses co-transhumants vis-à-vis de la BVD.

QUEL ACCOMPAGNEMENT FOURNIT LE GDS 64 ?

Si l’élevage peut justifier de :

  • 2 pertes (2 avortements déclarés ou 2 veaux morts avec attestation d’équarrissage, ou un avortement et un veau mort)
  • 1 vache morte
  • plus de 1200 euros de préjudices (frais vétérinaires,…)

Il est possible d’ouvrir un dossier dans le cadre de la caisse sanitaire bovine. L’intégralité des frais liés au diagnostic (analyses + frais vétérinaires liés) est alors prise en charge à 80% du coût HT. Cette prise en charge est effectuée dans tous les cas, qu’un diagnostic soit posé ou pas. Les pertes quant à elles, peuvent également faire l’objet d’une indemnisation, à partir du moment où un diagnostic de maladie infectieuse (notamment la BVD) est mis en évidence et moyennant le dépassement d’un seuil.

Cas particulier des dossiers BVD :

Dans le cadre d’un dossier BVD, un dossier Caisse sanitaire peut être ouvert sans qu’il y ait de pertes. En effet, le simple diagnostic de BVD peut suffire (sentinelles positives, séroconversion, mis en évidence d’un IPI…).

Dans ce cas précis, les premières analyses ayant permis d’établir le diagnostic sont prises en charge à 80% du HT et un plan de lutte est proposé.

Dans tous les cas, les dossiers en Caisse sanitaire bovine sont examinés par un comité de gestion. Ce comité valide ou pas le diagnostic et les plans qui en découlent.

Principe du plan BVD :

Après signature d’une convention tripartite entre l’éleveur, le vétérinaire et le GDS 64, un plan de lutte est proposé. Ce dernier est constitué d’un protocole technique bien défini.

BVD_Principe_Plan

LA PRÉVENTION POUR LUTTER CONTRE LA B. V. D. : UNE PRIORITÉ POUR LE GDS 64 :

De nombreuses actions sont menées par le GDS 64 pour lutter contre la BVD. Elles seront détaillées lors des prochaines parutions. Articles à venir :

  • BVD : Des actions collectives pour prévenir la maladie,
  • BVD : Évolution du dépistage BVD lors de la prophylaxie 2015/2016, pour les cheptels allaitants.

Pour de plus amples information, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire ainsi que le GDS 64 (05 59 80 70 04 ou gds64.fr).

Ludovic LASSERRE, Animateur filière bovine du G. D. S. 64

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